Contrapoints, conquête de YouTube et communication politique

Ça n’a pas l’air de s’arranger : vous avez vu vos (ex-)ami·es centristes commencer à réutiliser des termes comme « grand remplacement », « féminazi »… qui n’étaient, vous le jureriez, qu’utilisés par votre petit cousin fan du Raptor Dissident à peine quelques mois plus tôt (oui, celui là-même qui s’est acheté le bouquin d’Alain Soral et fait partie des gens qui répèteront que « l’Empire » juif est derrière toutes les guerres). N’y aurait-il que l’extrême-droite pour déjouer insidieusement les règles du débat et persuader de leurs idées un public grandissant ? Dans ce texte nous allons parler de la youtubeuse Contrapoints pour ce qu’elle apporte à la réflexion sur les méthodes de diffusion d’idées politiques. Elle tente via sa chaîne YouTube Contrapoints de mettre des mots sur cette situation de désemparement dans laquelle se trouve la gauche actuelle : cette sensation de perdre les batailles des idées sur différents thèmes de société (échouant par là leur conquête de l’hégémonie culturelle là où d’autres réussissent) les unes après les autres. La méthode Contrapoints Natalie Wynn (Contrapoints) est une youtubeuse, trans (assez important car c’est un des thèmes majeurs abordés dans ses vidéos) qui a décidé de mettre en récit avec humour et des vidéos extrêmement […]

Quelle culture féministe voulons-nous ? Pour un nouveau Code féministe

– Mon féminisme me fait du mal. Cette phrase, je me la suis arrachée à moi-même, après des heures de lutte interne, en novembre dernier. J’ai eu si peur de me l’avouer, et encore plus peur de le dire à mes proches qui se trouvaient avec moi, qu’avant de réussir à la verbaliser, j’ai ressenti une tension terrible, la sensation confuse que j’allais me trahir, tuer une partie de mon identité. Pourtant, quand ces mots ont finalement franchi mes lèvres, c’est un profond soulagement qui les a suivi.

« Les Antifa sont les vrais fascistes » – La question de la violence

Vous l’avez sans doute déjà entendu cette phrase toute faite : « les vrais fascistes ce sont les antifa » sous-entendu, ceulles qui correspondent vraiment à l’expression actuelle de la « méthode fasciste » (violence, autoritarisme, actions de groupes cagoulés). Vous l’avez même peut-être prononcé. Vous en êtes peut être même convaincu·e. En comment ne pas en être convaincu·e ?

Les sceptiques, la liberté d’expression, et Jean Bricmont

Dans les milieux sceptiques, on trouve souvent une défense marquée de la liberté d’expression de toutes les opinions, y compris celles de l’extrême-droite, en particulier lorsqu’elle est menacée par les lois contre le racisme et surtout la loi Gayssot contre la négation de l’existence des chambres à gaz et la minimisation de la Shoah. Le débat sur la pertinence ou non de défendre la liberté d’expression de l’extrême-droite est légitime, mais malheureusement on ne peut pas ignorer que lorsqu’on défend cette position, on risque de se retrouver à côtoyer dans cette lutte l’extrême-droite, qui évidemment défend sa propre liberté d’expression. Pour certains ce n’est pas un problème, car la lutte pour le principe ne saurait être limitée par une volonté de ne pas fréquenter untel ou untel, mais pour d’autres, dont je fais partie, la lutte contre l’extrême-droite est suffisamment fondamentale pour s’assurer que ce débat de fond ne serve pas de promotion aux idées d’extrême-droite. Or, en France et en Belgique, ce débat se mélange souvent avec l’obligation de se positionner par rapport à Jean Bricmont, principale figure francophone de la défense de la liberté d’expression de l’extrême-droite et de la lutte contre la loi Gayssot, et bien sur […]

Patriotisme et démagogie

Le patriotisme revient à la mode. Les drapeaux tricolores sont partout, le gouvernement veut imposer son Service National Universel, et l’ensemble de la classe politique se revendique de la « patrie » (y compris les partis plus ou moins étiquetés à « gauche », car il ne faudrait pas « laisser les symboles nationaux à l’extrême-droite »).